Des milliers de québécois passent à côté de revenus non imposables à la retraite, simplement par manque d’information ou de planification. Le supplément de revenu garanti (SRG) est bien plus qu’un complément à la Prestation de la sécurité de la vieillesse (PSV). C’est véritablement une bouée financière pour les retraités à revenus modestes.
Il y a environ 2,2 millions de Québécois qui perçoivent la pension de la Sécurité de la vieillesse. Environ 40% d’entre eux reçoivent le Supplément de revenu garanti. Cela concerne donc beaucoup de gens et d’argent net à la clé. Cela vaut donc la peine de comprendre comment obtenir le SRG maximum à la retraite.
Dans cet article :
1) Comment y être admissible ?
2) Le secret : Gérez votre revenu net
3) Travaillez… mais pas trop
4) Videz ses REER rapidement, ça vaut le coût ?
5) La séparation involontaire
6) Nos conseils futés pour maximiser le SRG
7) Conclusion
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COMMENT Y ÊTRE ADMISSIBLE ?
Il faut avoir :
- 65 ans et plus
- Recevoir la pension de la sécurité de la vieillesse (SV)
- Être un citoyen canadien ou un résident autorisé au Canada
- Répondre à des critères de revenu en fonction de son état civil
Le site du gouvernement du Canada fournit tous les détails concernant les tranches de revenus applicables par type de ménages. (source)
Les stratégies optimales pour bénéficier du SRG s’appliquent surtout à des retraités célibataires sans fonds de pension ou à des couples dont l’un des membres a moins de 65 ans ou encore à des retraités qui reçoivent de faibles rentes d’un ex-employeur. La clé est de bien comprendre comment optimiser vos revenus pour rester admissible.
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LE SECRET : GÉREZ VOTRE REVENU NET
Le SRG récompense la planification intelligente. Étant donné les niveaux de revenus maximums permis par ménage, il est impératif de bien planifier vos décaissements à la retraite afin de profiter d’un niveau de vie supérieur à ce que vous pensiez possible.
Par exemple : pour une personne seule, le revenu annuel ne doit pas excéder 22 488$ (en 2026).
C’est bien peu me direz-vous. Mais cela exclut la prestation de la Sécurité de la vieillesse, les retraits CELI, les dividendes en capital, le capital reçu de vos placements non enregistrés et les revenus d’emploi de 5000$ et moins. Une personne seule peut donc gagner des revenus bien supérieurs au seuil indiqué et être admissible au SRG.
Exemple : Nathalie, célibataire a 65 ans. Elle reçoit 8908$ de la Sécurité de la vieillesse (SV) (1). Elle travaille à temps partiel pour un revenu de 5000$. Elle a des REER et des CELI. Elle a repoussé le début des rentes du Québec.
Pour l’année en cours, elle compte retirer 10000$ de son CELI. Elle reçoit donc un revenu total de 23 908$ (8908 (SV) + 5000$ (travail) + 10000 (CELI). Mais d’un point de vue fiscal, c’est seulement 13 908$ (SV + travail) – Le CELI n’est pas imposable.
De plus, selon l’estimateur des prestations de la sécurité de la vieillesse (source) elle déclare seulement 5000$ en revenus…de travail.
Nathalie aurait droit au maximum SRG, soit 1108$ par mois ou 13 296$ par année NON IMPOSABLE. Elle peut donc recevoir presque autant que ses autres sources de revenus. Ce qui lui donne au total 37 204$ (8908 (SV) + 5000$ (travail) + 10000$ (CELI) + 13 296$ (SRG).
Comme le crédit personnel de base au Fédéral est de 16 129$ en 2025, elle ne paiera pas d’impôt non plus puisqu’elle déclare 13 908$ en revenu annuel imposable (8908$ (SV) + 5000$ (travail).
On le constate, Nathalie a tout intérêt à repousser le début de ses rentes du Québec et les retraits REER/FERR. Elle aura aussi droit aux crédits sociaux tels que le Crédit de solidarité ET le Crédit TPS/TVQ. Elle va donc recevoir bien plus que 37 204$ pour son année. Si son train de vie est de 32 000$, elle peut même investir la différence dans son CELI et continuer de profiter du maximum SRG permis.
Mais qu’arriverait-il si Nathalie n’avait pas de CELI et devait retirer 10 000$ de ses REER plutôt ? L’impact financier serait important. Le SRG passerait de 1108$ par mois à 527$ par mois (ouch !), une diminution de près de 50%. On aurait aussi pu faire l’exercice avec des prestations de Retraite Québec plutôt que des retraits REER/FERR. PLANIFIER ses revenus de retraite est fondamental, surtout pour des personnes seules à revenu modeste ou avec peu d’épargne.
Vous me direz, oui mais, qu’arrivera-t-il plus tard ? Quand elle retirera ses REER et la rente du Québec ? Elle va quand même avoir droit au SRG dans une moindre mesure toutefois, en autant qu’elle décaisse intelligemment ses REER/FERR. Cela représente plusieurs milliers de dollars chaque année non imposables. De plus en repoussant le début du Régime des rentes Québec, elle aura droit à une rente indexée et bonifiée de façon substantielle, la vie durant.
Dans tous les cas, il est fortement suggéré d’utiliser l’outil « l’estimateur des prestations de la sécurité de la vieillesse» (source) de Service Canada. Je vous invite également à consulter un professionnel en finances personnelles pour établir le meilleur scénario de décaissement de revenus de retraite.
L’exercice est annuel, vous pouvez donc réviser votre plan au fur et à mesure que vous vieillissez ou que votre état de santé ou vos projets de vie se modifient. Mais au moins vous connaissez maintenant l’impact des types de revenus utilisés dans le calcul du SRG.
Pour les COUPLES : Doublez vos chances
Exemple : Pierre a 66 ans et reçoit la SV (742$/mois, soit 8904$, (1)). Il a des revenus non imposables de son CELI de 30 000$ par année et un revenu de travail à temps partiel de 10 000$. Sa conjointe Pierrette a 63 ans et gagne 42 000$ en revenu d’emploi. Ils ont donc un revenu familial admissible de 55 000$ (le CELI est exclu du calcul car non imposable ainsi que le montant reçu en SV).
Pierre aurait donc droit à 256,26$/mois en SRG, soit un peu plus de 3 072$ en revenu non imposable. Et Pierrette aurait droit à 148,74$ par mois en Allocation au conjoint soit 1784$ par année (source).
Le couple recevrait donc un total de 95 760$ en revenu annuel (8904 (PSV)+ 30000 (CELI)+10000 (travail Pierre) +42000 (travail Pierrette) +3072(SRG) + 1784 (AAC). Même si le seuil de revenu maximal pour le couple est de 42 000$ en 2026 pour obtenir le Supplément de revenu garanti !
Et en plus, seulement 60 904$ sera considéré comme du revenu imposable POUR LE COUPLE.
Ça vaut la peine de bien planifier les revenus de retraite entre 60 et 70 ans.
Cette stratégie sera encore valide lorsque Pierrette aura 64 ans en estimant le même niveau de revenu familial. Dès qu’elle aura 65 ans, elle ne sera plus admissible à l’allocation au conjoint.
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TRAVAILLEZ… MAIS PAS TROP
Les revenus d’emploi de moins de 5000$ sont exclus du calcul du SRG. Et entre 5000$ et 15000$ seulement la moitié du revenu est pris en compte dans le calcul du revenu admissible.
Exemple : Claudine a 66 ans et vit seule. Elle reçoit la SV (752$/mois, soit 9024$ par année (2)). Elle reçoit une rente d’un employeur de 8000$ et des revenus de la Régie des rentes de 8400$ par année. Elle travaille à temps partiel et son revenu d’emploi est de 8824$ pour un total de 25 224$ en revenu annuel (en excluant la SV). Avec l’estimateur des prestations de la sécurité de la vieillesse, elle aura droit à 186$ par mois en SRG, soit 2 232$ pour l’année.
A noter que dans son revenu d’emploi, seulement la moitié du montant compris entre 5000 et 15 000 est inclus dans le calcul du SRG. Le premier 5000$ de revenu d’emploi n’est pas pris en compte.
Claudine se retrouve donc avec un revenu total de 37 480$. Son revenu imposable sera de 35248$. Rappelons que le seuil de revenu maximal pour une célibataire est de moins de 22 488$ par année en 2026 (source) Il faut donc aller au-delà de ce seuil de revenus pour bien planifier ses prestations de retraite et bénéficier du Supplément de revenu garanti.
Claudine a tout intérêt à repousser les retraits REER/FERR tant et aussi longtemps qu’elle va travailler à temps partiel pour maximiser le revenu en SRG.
Si elle détient du CELI, elle pourrait faire des retraits mensuels ou ponctuels pour augmenter son niveau de vie ou payer des dépenses discrétionnaires (voyages, loisirs, etc.).
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VIDER SES REER RAPIDEMENT – ÇA VAUT LE COÛT ?
Si votre portefeuille REER est de 100 000$ ou moins à 60 ans, ça vaut la peine de se questionner sur le rachat total du REER avant 65 ans malgré la facture d’impôt. En effet, tout retrait REER est imposable. Cependant, si cela peut contribuer à obtenir le maximum en SRG, cela pourrait en valoir la peine.
Exemple : Michel est célibataire. Il a 59 ans. Il aimerait pouvoir travailler à temps partiel à partir de 60 ans et gagner un revenu de 40 000$ par année jusqu’à 65 ans. Il n’a pas de dettes. Son coût de vie est de 30 000$ net par année. Son portefeuille de placements REER est de 100 000$. Et il a un CELI de 30 000$. Il n’a pas de fonds de pension. Il a donc 5 ans à attendre avant de recevoir la Pension de la sécurité de la vieillesse. Quel serait l’effet sur son futur SRG s’il retirait tous ses REER ou presque entre-temps ? Voici ce qu’il pourrait faire :
- Retirer fortement le REER avant 65 ans pour environ 10 000 à 15 000$ à chacune des quatre prochaines années. Il doit viser un revenu imposable maximum de 53 255$ pour minimiser l’impôt à payer
2. Il investit la somme nette des retraits REER dans son CELI – il a l’espace suffisant pour le faire
3. A 65 ans, il arrête de travailler ou réduit la cadence. Un revenu de travail jusqu’à 5000$ par année n’affecte pas le montant SRG.
4. Il réclame la Prestation de la Sécurité de vieillesse ET le SRG.
5. Il contacte également Service Canada pour leur indiquer son arrêt travail à 65 ans et la baisse prévue de son revenu de retraite. Cela permettra à Michel de retrouver la prestation bonifiée du SRG plus rapidement dans les années suivantes.
6. Si ces revenus de travail sont de 5000$ ou moins, il aura droit au maximum SRG entre 65 et 70 ans. Puisque son coût de vie sera de 33 000$ à 65 ans, il puisera dans son CELI pour combler la différence jusqu’à 70 ans.
7. A 70 ans, il réclame sa rente de Retraite Québec qui sera bonifiée de 42,0%. Admettons qu’il avait droit à 8598$ par année à 65 ans, il serait éligible à une rente annuelle bonifiée estimée à 12 209$ à 70 ans.
8. Ce revenu de Retraite Québec va affecter à la baisse son SRG. Il sera admissible à environ 30% du maximum SRG sa vie durant, donc plus ou moins 4 428$ par année non imposable à partir de 70 ans.
9. S’il lui reste un solde REER, il le convertira en FERR à partir de 71 ans
10. Pour combler le manque à gagner pour son coût de vie, à partir de 70 ans, il puisera dans son CELI et son FERR (le moins possible toutefois).
5. LA SÉPARATION INVOLONTAIRE
Pour un couple vieillissant, il se peut que l'un des membres soient hébergés en Résidence intermédiaire ou encore en CHSLD tandis que l'autre conjoint doit continuer d'assumer les frais de logements, etc. Cette séparation est considérée comme involontaire par les autorités fiscales. Elle a des répercussions financières majeures.
Dans cette situation, les paiements de Supplément de revenu garanti (SRG) ou d’Allocation (ALC) peuvent être calculés en fonction du revenu individuel de chaque membre du couple plutôt que du revenu combiné. Après la séparation involontaire, les prestations peuvent donc s'accroitre puisque le revenu propre d'une personne est normalement inférieur au revenu familial du couple.
Un couple non admissible au SRG pourrait le devenir. Il ne faut pas tarder à informer le gouvernement de la séparation involontaire. Les versements peuvent être rétroactifs pour les 11 derniers mois au maximum, une fois la séparation involontaire acceptée et mise en œuvre par le gouvernement.
Pour être admissibles à cette révision, le couple doit remplir les critères suivants :
- Etre mariés ou conjoints de fait
- Être âgé de 65 ans ou plus (l’une des deux personnes dans le couple)
- Vivre séparément (c’est-à-dire ne plus vivre sous le même toit)
- Recevoir la pension de la Sécurité de vieillesse (SV)
En plus de son impact sur les prestations fédérales, la séparation involontaire peut avoir un effet sur certains crédits d’impôt au Québec, notamment le crédit d’impôt pour solidarité.
6. NOS CONSEILS FUTÉS POUR MAXIMISER LE SRG
1. Le SRG diminue lorsque le revenu, autre que le PSV, augmente. Privilégiez alors le revenu de travail de moins de 15 000$ par année (idéalement 5000$ et moins), et les retraits CELI aussi longtemps que vous le pouvez.
2. Si vous reportez le début de la PSV, la SRG ne sera pas bonifié. Autant réclamer le tout dès 65 ans.
3. Pour un investisseur prudent ou conservateur, le report de la RRQ est fortement suggéré – même si cela va diminuer la prestation future du SRG
4.Si vous avez 50 ans ou plus et que vous n’aurez pas droit à un fonds de pension et que vos revenus de travail sont inférieurs à 54 000$, votre épargne devrait être investie à 100% en CELI dans un portefeuille prudent ou équilibré (et non en CPG). Votre CELI sera votre arme secrète pour maximiser le SRG.
5. Le REER est l’ennemi no 1 du SRG à 65 ans. Envisagez donc de retirer judicieusement vos REER avant cet âge afin de les convertir en CELI idéalement. Si vous n’y arrivez pas, retirez-les avec parcimonie après 65 ans. Chaque dollar REER réduit le SRG de 50%. Il doit donc être utilisé en dernier recours.
6. Tout solde REER doit être converti en FERR l’année de vos 71 ans. Toutefois si vous comptez retirer des REER entre 65 et 70 ans, convertissez votre REER en FERR dès 65 ans pour bénéficier du crédit d’impôt pour revenus de pension ou de retraite.
7. Reportez le début des rentes de RRQ jusqu’à 70 ans si possible. Vous protégez ainsi votre risque de longévité. On vit de plus en plus vieux – soyez prudent dans vos projections de retraite.
8. A partir de 70 ans, tous les retraités ont le droit de recevoir le crédit d’impôt remboursable au Québec pour le soutien des ainés (maximum 2000$) (source). Comme le crédit est sujet à des réductions en fonction du revenu du ménage, bien planifier vos revenus de retraite au-delà de 70 ans est un must.
9. Si vous croyez être admissible au SRG à partir de 65 ans, établissez un plan de décaissement de vos épargnes 5 à 10 ans AVANT 65 ans. L’ordre de décaissement et les montants à recevoir peuvent avoir un impact majeur sur les sommes à recevoir en SRG.
CONCLUSION : Planifiez, profitez, répétez !
Le SRG est un outil puissant, mais il récompense ceux qui planifient.
N’hésitez pas à utiliser l’estimateur des prestations de la sécurité de la vieillesse (source). C’est gratuit et très facile à utiliser.
Dès que vous avez un doute sur votre admissibilité au SRG, je vous invite à consulter un professionnel en finances personnelles. Parfois, il suffit de bien planifier ses décaissements de placements à la retraite pour en devenir bénéficiaire.
N.-B: Pour m'aider dans mes calculs, j'ai utilisé l'application FFPRO.ca., développé par un actuaire. L'essai est gratuit pour 10 jours. J'ai également utilisé l'estimateur de revenus de prestations de la vieillesse du gouvernement fédéral.
(1) Taux 1er trimestre 2026
(2) Taux 3e trimestre 2026
Pensez-vous maintenant que vous pourriez y être admissible ?
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